Semences et biodiversité: qui décide de ce que nous mangeons?

Introduction

Le 30 avril dernier, nous avons eu le plaisir de débattre en public à Pôle Sud à Lausanne d’un thème qui nous intéresse toutes et tous puisqu’il touche au cœur de notre alimentation : les semences. Pain, pommes de terre, légumes, la plupart des aliments qui arrivent dans notre assiette proviennent de ces graines que les paysans ont planté en vue de la récolte. Mais d’où proviennent ces variétés de légumes, de fruits et de céréales que nous consommons ? Qui décide et selon quels critères l’évolution des semences et donc de notre alimentation ? En bref, qui décide de ce que nous mangeons, telle sera la question qui nous portera tout au long de cette heure de débat qui sera suivie des questions de la salle.

« La disparition de notre biodiversité et de la souveraineté de nos semences est en train de générer une crise majeure dans l’agriculture et dans la sécurité alimentaire de la planète entière ».
Vandana Shiva, militante indienne des droits des paysans.

Ce cri d’alarme concerne-t-il aussi la Suisse ? N’y aura-t-il bientôt plus que quelques sortes de pommes et de patates produites avec des semences sous licences aux mains des multinationales? Quelles répercussions pour la paysannerie ? Comment s’est traduite en Suisse ce passage d’une agriculture paysanne où les paysans avaient une totale autonomie sur leurs semences à une agriculture plus productiviste et où les chercheurs et l’agrobusiness ont pris une très grande place ? Quels sont les différents métiers en présence (obtenteurs, sélectionneurs, multiplicateurs, producteurs, centre de recherches agronomiques etc.)? Comment se fait la sélection des semences ? Quels critères mis en avant ? Un catalogue national n’est-il pas un frein terrible à la biodiversité en favorisant des hybrides F1 non fertiles rendant les paysans dépendants? Quels changements en découlent sur la vie paysanne (mode de vie, lien social) ?

Telles seront les différentes questions qui seront traitées par nos invités.

Semences
Semences paysannes

 

Invités

Olivier Mayor, producteur, en lien avec Uniterre, syndicat agricole.

Arnold Schori, Dr sc.tech, ing. agr. EPFZ, agronome, sélectionneur à la Station de recherche Agroscope de Changins.

Joël Vuagniaux, responsable de Kokopelli Suisse (association pour la préservation et la distribution de semences libres et fertiles)

Animation et production
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Une émission réalisée et animée par Camille Jaccard et Yves Sancey.

A la technique : Nils Moussu – qui a aussi participé à la préparation de cette émission – et Marc Gessler.

Médias

Version intégrale

Le débat dure une heure, suivie d’une discussion avec la salle de 38 minutes.

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Version Fréquence Banane

(60 minutes, sans la discussion avec le public)

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Pour en savoir plus

Associations :

Uniterre (organisation syndicale paysanne fondée en 1951 sous le nom de « Union des producteurs suisses (UPS) ». Connue depuis 2001 sous le nom d’Uniterre)

Kokopelli Suisse et Kokopelli France,(association pour la préservation et la distribution de semences libres et fertiles, la libération de l’humus et la sauvegarde des pollinisateurs)

Fédération romande de l’agriculture contractuelle de proximité (permet depuis 2008 des relations directes entre producteurs et consommateurs). Sur Vaud, en font notamment partie ces associations connues pour leurs paniers de fruits et légumes : les Jardins d’Ouchy, du Flon, du Mont et du Nord.

Marché Paysan (depuis 1997 pour la promotion et la vente des produits romands directement entre les producteurs et les consommateurs)

Pro Specie Rara (Fondation Suisse pour la diversité patrimoniale et génétique liées aux végétaux et aux animaux),

Réseau Semences Paysannes (France, réseau constitué de plus de 70 organisations, toutes impliquées dans des initiatives de promotion et de défense de la biodiversité cultivée et des savoir-faire associés)

Via Campesina (La voix des paysannes et des paysans du monde regroupant regroupe environ 150 organisations locales et nationales dans 70 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques) et Via Campesina Europe.

 

Lectures:

-Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, Semences : une histoire politique. Amélioration des plantes, agriculteurs et alimentation en France depuis la Seconde Guerre mondiale, 2012.D’où proviennent les variétés de légumes, de fruits et de céréales que nous consommons ? Comment ont-elles été défi nies, par qui et en fonction de quels objectifs ? Est-il légitime qu’elles fassent l’objet de formes restrictives de propriété intellectuelle ? L’agriculture industrielle ne rend-elle pas les paysans dépendants des grandes firmes semencières et agrochimiques, en assurant à ces dernières un monopole quasi absolu sur les semences ? Ce livre propose une histoire de l’amélioration des plantes en France depuis la Seconde guerre mondiale, à commencer par les cultures les plus importantes et les plus emblématiques, blé, maïs ou colza.

-Variétés, semences et plants en Suisse, Office fédéral de l’agriculture OFAG, Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW. A télécharger sur cette page.

-Sur la souveraineté alimentaire: brochure (à commander) et page spéciale de Uniterre,

-Paul Nicholson, Xavier Montagut et Javiera Rulli, Terre et liberté ! A la conquête de la souveraineté alimentaire, CETIM, 2012.

-Valentina Hemmeler Maïga, « Semences: entre menaces et espoirs », Uniterre, nov. 2011.

-Libérez les semences ! Interview de François Meienberg de la Déclaration de Berne, responsable du dossier «alimentation et agriculture»

-Concentration sur le marché des semences. Quelques grandes multinationales contrôlent le marché (Dossier Déclaration de Berne)
La main mise de Monsanto et Syngenta sur les fruits et légumes (Dossier de la FRC).

-Kleijer G, Badoux S, Corbaz R. (de Changins), « Les variétés locales suisses : une

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grande richesse ! », Revue suisse d’agriculture, 22, (3), 1990, 157-164. (Téléchargeable)

 

Films:

« Les moissons du futur ». Après « Le Monde selon Monsanto » et « Notre poison quotidien », Marie-Monique Robin enquête sur les méthodes de l’agroécologie dans différents points du globe. Arte Septembre 2012. 1h35.

« Solutions locales pour un désordre global ». Un film de de Coline Serreau, France (2010), 113 min, avec Pierre Rabhi, Lydia Bourguignon & Claude Bourguignon.

« Food Inc. » (Les Alimenteurs au Québec). Un documentaire américain de 2008, réalisé par Robert Kenner. 99 mn.

 

Bases légales:

Suisse : Différentes Ordonnances disponibles sur le site de l’OFAG (en bas de la colonne de droite)

France: Réglementation sur la commercialisation des semences et plants (résumé du Réseau Semences paysannes)

 

Petit historique et rappel des enjeux

Il y a 10 000 ans, à l’époque du néolithique, l’homme se sédentarisait et l’on assistait à la naissance de l’agriculture, avec la mise en terre de premières semences et de la domestication des animaux par l’homme.

Depuis les débuts de l’agriculture, la sélection et la multiplication des semences, ainsi que la conservation et le renouvellement de la biodiversité cultivée, est le produit du travail de générations d’agriculteurs qui prélèvent dans leur récolte les semences destinées à la récolte suivante.

Avec l’arrivée de la charrue, puis l’utilisation des chevaux et des bœufs, et du fumier, la productivité des terres s’améliore. Puis, à partir du milieu du 19e siècle, la science agronomique se penche sur les semences pour les étudier et en améliorer les rendements. Le 1er janvier 1878, une station de contrôle de semences est créée par l’EPFZ. D’autres suivront comme la Station viticole vaudoise créée en 1886 suite à l’invasion du vignoble romand notamment par le mildiou. Il en résulte une définition technique des semences en vue de la recherche de rendement et d’efficacité. Mais cette vision technique des semences est-elle vraiment neutre ? Elle pousse à l’obtention de variétés au plus haut rendement possible, adaptées à la mécanisation et supportant de fortes doses d’engrais chimiques et de pesticides. Ces choix poussent les paysans à opter pour une agriculture moderne, intensive et productiviste.

Agroscope

Ce modèle d’agriculture intensive va peu à peu être contesté. Le « Progrès » passe-t-il nécessairement par l’homogénéisation génétiques des plantes cultivées au détriment de la biodiversité ? L’agriculture industrielle ne rend-elle pas les paysans dépendants des firmes semencières et agrochimiques ? De nombreuses voix se sont alors élevées pour réclamer une agriculture plus biologique et écologique, la reconnaissance des semences paysannes sélectionnées et conservés par les agriculteurs, la garantie de la sécurité alimentaire, la biodiversité cultivée et l’autonomie des fermes. De leur côté, les consommateurs redécouvrent et plébiscitent des légumes oubliés comme le radis noir, la carotte violette, le topinambour ou la rutabaga. Mais pour combien de temps ces anciennes variétés seront-elles légales alors que l’Union européenne dispose d’un catalogue officiel très restrictif de semences tolérées notamment en terme d’homogénéité ? Quelle marge de manœuvre dispose la Suisse ?

Une dernière lecture conseillée :

Serge Maillard, « La patiente reconquête des légumes oubliés » sur le site www.largeur.com

Le même article paru dans L’Hebdo. Télécharger le pdf ici

EXTRAIT :

« Le pire a failli se produire il y a trois ans, lorsque la Suisse a voulu s’aligner sur la législation européenne sur les semences: «Dans l’Union européenne, les variétés de légumes doivent être inscrites dans un catalogue officiel qui est surtout conçu pour les nouvelles espèces hybrides, se basant sur un critère d’homogénéité, explique Denise Gautier, coordinatrice romande de la Fondation ProSpecieRara pour la préservation des plantes menacées d’extinction. Du coup, certaines variétés anciennes, qui ne répondaient pas à ce critère, n’auraient pu être répertoriées et n’auraient plus pu être commercialisées.»

Face à l’opposition de groupes comme ProSpecieRara, la Confédération a finalement créé une catégorie de variétés de niche, dans laquelle entrent les légumes anciens et pour laquelle aucune inscription n’est nécessaire. »

 

 

 

 

Commentaires
4 réponses à “Semences et biodiversité: qui décide de ce que nous mangeons?”
  1. Johnd917 dit :

    This kind of game gives a real experience of building a farm and planting trees. gegfcdcedeka

  2. Marlee dit :

    Weeeee, what a quick and easy sootiuln.

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