Accueil Emissions 11 mai 2010 - Vivre et se loger en ville : les gens, l'immobilier et l'argent

11 mai 2010 - Vivre et se loger en ville : les gens, l'immobilier et l'argent


Introduction

Lors de cette émission, exceptionnellement, la langue des bois sort en ville. Nous allons arpenter le bitume pour essayer de comprendre la ville, cette chose qui s’étend, qui s’empile et dans laquelle on s’empile, qui produit, qui produite des services surtout, et dont les plus aisés fuient les bruits et l’odeur, l’alcoolisme, le chômage, les impôts et le vice. Oui, ils fuient pour une villa turquoise ou fuchsia, construite avec trois allumettes et du papier mâché sur un ancien terrain agricole dont la valeur a pris trois zéros à la fin, entouré d’espace vert qui l’est de moins en moins.  Un mètre carré seconde. Voilà pour le rythme de l’expansion du béton en Suisse.

Mais la ville, à ce qui paraît, c’est aussi la culture, la création, l’ouverture, le mélange et le métissage. La ville redeviendrait sexy en quelque sorte. Du coup, la villa en carton pâte à une heure de route en 4x4 n’a plus trop la cote. On préfère siroter un latte-machiatto à l’arôme millimétré, mais disponible à l’identique sous la même enseigne dans d’autres villes, sur une chaise design en tôle ondulée brevetée, en attendant la projection en trois dimensions du dernier scénario globalisé dans le mégaplexe tout de béton carré. Pour regagner ensuite son loft spacieux propriété d’un fonds de placement international. Mais à ces conditions, c’est n’est pas sûr que tout le monde y ait accès. Ou que tout le monde le veuille. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que vivre en ville, en ce moment, c’est tout sauf évident. De Genève à Montreux, la pénurie de logement sévit, le taux de vacance des appartements ne décolle pas et les loyers explosent. Mais au fait, est-ce que habiter en ville ça veut forcement dire être locataire, ou propriétaire endetté à 200%, ce qui revient à peu près au même en termes d’autonomie? Finalement quand on y pense, personne ne peut se passer d’un logement, donc être dépendant du marché immobilier est lourd de conséquence pour ceux dont les moyens sont limités.  Alors comment fonctionne ce marché immobilier, qui vous ouvrira - ou pas, plus probablement – les portes de la vie en ville ? Qui en profite et que fait la police, ou plus précisément que font les pouvoirs publics ? La crise des subprime encore toute chaude a montré ce qui peut se passer quand on force le marché immobilier à trop de liquidité et ses usagers à encore plus d’endettement, pour gagner sur des titres sans s’intéresser à l’immeuble concerné.

Des formes différentes d’habitat collectif, comme le squat pour la version radicale et la coopérative pour la formule légale prennent le problème différemment. Le logement n’y est plus considéré comme un bien échangeable sur un marché mais comme un bien qui répond avant tout à un besoin vital, celui de se loger. Et puis une vie et des activités collectives au delà de la famille monoparentale classique sont souvent associées à cette façon de faire usage d’un logement. Mais comment fonctionne ce genre de logement et à quelles conditions peut-il exister? Et puis est-ce que ça suffit pour répondre en même temps à l’étalement des villes, à la spéculation immobilière, à la pénurie et aux exigences de développement durable ? Finalement quelle ville voulons nous et quelle ville pouvons nous nous permettre ?



Invité-e-s

Anne Baehler Bech, Secrétaire générale de l'Asloca Vaud, Députée au Grand Conseil vaudois (Les Verts).

Lionel Girardin, Conseiller municipal socialiste à Vevey, en charge de la sécurité, des affaires sociales et familiales et du logement

Philippe Thalmann, Professeur associé à l'EPFL, spécialiste  en économie de la construction, de l'immobilier et du logement. Président de la Commission fédérale du logement.

Sven Tobler, géographe, enseignant et président de l'association d'habitants Parcelle 87 à Vevey


Aminateurs et producteurs

Melaine Laessle et Nils Moussu


Ecouter l'émission

En raison d'une suite de problèmes techniques indépendants de la volonté des animateurs de cette émission et de la Langue des bois, aucun enregistrement de qualité suffisante est disponible à l'écoute. Nous nous en excusons.

Mis à jour (Jeudi, 13 Mai 2010 10:57)